Al Khayma

La tente (Al Khayma) est considérée comme la première unité sociale au sein de la société sahraouie. Elle ne constitue pas seulement une unité spatiale qui sert à se loger mais se réfère aussi à l’ensemble des relations liant les membres d’une même famille. La tente en ce sens représente l’ensemble des relations concrètes au sein de la famille, une appellation empruntée à l’habitation traditionnellement construite par l’homme sahraoui avec du duvet de chameaux et de la laine de brebis.




La tente, un métier des femmes au quel participent les amies et les voisines

Après avoir été le symbole de la dureté de la vie et de l’isolement dans le Sahara, la tente a acquis un sens nouveau au Maroc où elle a été revalorisée, en tant que symbole de civilisation et héritage culturel qui doit être préservé.

L’installation des gens du Sahara dans les villes à l’intérieure des villas et des appartements, ne les a pas éloigné de la vie campagnarde et de la nostalgie de la vie sous la tente, ne serait-ce que pendant les week-end, en particulier pendant l’hiver et le printemps, après l’apparition de la verdure sur les terres aride du Sahara.

La différence réside dans le fait la tente aujourd’hui, a évolué et contient les équipements modernes qui assurent le confort. Elle ne ressemble à la tente originale que dans sa forme. Certains ne se limitent pas à aller occuper leurs tentes pendant les week-ends, mais ils les ont monté dans les jardins de leurs maisons.

Hassan Khair est un cinéaste qui avait déjà préparé une recherche sur Al Khaima, pour le journal Asharq Al Awsat. Il dit que la plupart des habitants du Sahara, malgré le fait qu’ils résident dans les appartements des villes, disposent d’une tente, pliée prête à l’usage à n’importe quel moment, quand la famille décide de partir en excursion dans la Sahara près des oueds dans le voisinage de la ville.

M. Khair indique que la tente est fabriquée à partir du poil de chèvres et de la laine et elle est facile à démonter. Sa superficie moyenne est de 4 à 6 mètres. Les tentes du chef et des riches peuvent atteindre 12 mètres. 

La tente est montée à l’aide de deux pilliers « Rkaizes ». Les deux colonnes sont attachées entre eux avec une corde. Et la tente est d’autre part, fixée au sol avec des piquets appelés « Akhoualaf ».

Le Sahraoui moderne, ne va plus s’installer dans sa tente à dos de chameau, en transportant l’eau sur des kilomètres. Il y arrive aujourd’hui, en conduisant son véhicule 4x4, qui dispose de tous les équipements de confort moderne : meubles, ustensiles de cuisine, antenne parabolique, utilisant l’énergie solaire.

Il vit l’état de campagnard avec tous les moyens du confort disponibles. Ainsi, à cause du poids pesant des tentes traditionnelles, les gens achètent maintenant des tentes fabriquées avec de la toile dit « Kaitoun », dont l’équipement intérieure reste traditionnel.

Hassan Khair estime que les moussems et les festivals organisés dans les villes du Sahara, qui attirent de nombreux visiteurs et touristes, ont beaucoup, contribué à raviver l’intérêt pour la tente traditionnelle fabriquée avec le poil de chèvre, devenu rares, ces derniers temps.

Cela a incité les gens à s’occuper de leurs tentes et à les réparer. Il indique à cet égard que le nombre des tentes qui sont utilisées lors du Moussem touristique de Tan Tan atteint le millier.

  Habib Aaidid indique pour sa part au journal Asharq Al Awsat que la culture du Sahara est fondée sur trois élément de base : la boisson, en l’occurrence le thé, le refuge que symbolise la tente et le dromadaire qui est le compagnon et dont la viande et le lait sont deux sources fondamentales de la nourriture.

il ajoute que la tente sahraouie ressemble à la tente arabe de manière générale et diffère d’elle au niveau de la forme. Mais au niveau des composant, elle est fabriquée avec le poil du dromadaire et des chèvres.

Elle est appelée la « tente noire ». Ses parties sont appelées « Flije ». C’est le composant de base de la tente, dont la superficie varie selon la taille globale de la tente, mais la plus grande superficie n’excède jamais 20 mètres et la plus petite superficie est de 10 mètres.

La tente est divisée en deux parties, la première est destinée aux femmes, la seconde aux hommes et aux invités.

M. Aaidid définit la tente comme étant le lieu de la générosité. Elle est montée avec hauteur, pour que l’invité de passage puisse la voire de loin et venir dans ce lieu ou il peut trouver le gît, le couvert et la protection.

Elle est fabriquée sous forme triangulaire pour pouvoir résister aux tempêtes et empêcher les infiltrations d’eau de pluie.

Aaidid insiste sur le fait que la fabrication de la tente est un métier spécifiquement féminin. Dans le passé, la femme invitait ses amies et ses voisines pour le tissage de la toile de la tente. Aujourd’hui, c’est un métier que pratique uniquement les femmes artisans. Le prix d’une tente fabriquée à partir du poil de dromadaire et de chèvres, en fonction de sa qualité, le prix de 10000 à 20000 dh.

M. Aaidid conclue son propos en disant : «  les gens ont le désir de se débarrasser de l’agitation de la ville et d’aller vivre dans le calme du Sahara ne serait-ce que pour quelques jours.

Laâyoune – Khadijou Al Aaroussni
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